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Littérature

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MIRBEAU (Octave, 1848-1917)
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OCTAVE MIRBEAU

Le journal d'une femme de chambre

1900

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Les œuvres d'Octave MIRBEAU ne sont guère lues de nos jours. C'est bien dommage. L'auteur n'est certes pas un immense écrivain, comparable à un Flaubert, un Hugo, ou un Zola… Plus qu'un auteur de romans, il s'agit d'un journaliste qui nous plonge avec Le Journal d'une femme de chambre dans les cuisines et les offices des élégantes demeures de la fin du XIXe siècle. Le lecteur pénètre avec délectation dans la vie secrète des maisons bourgeoises et aristocratiques, ces monuments de trompeuses apparences, d'oripeaux flamboyants qui cachent mal la laideur morale de leurs vaniteux occupants.

Plus qu'un roman, il s'agit donc d'un véritable reportage, une enquête incisive consacrée au métier de femme de chambre. Bureaux de placements, œuvres pieuses soit-disant caritatives qui exploitent la misère des domestiques sans emploi, relations ambiguës qui unissent les maîtres et leur domesticité… Tout est passé en revue dans ce journal fictif à l'ironie mordante.

« Monsieur s'occupait aussi d'œuvres charitables et politiques : Ligue contre l'enseignement laïque… Ligue contre les publications obscènes… Société des bibliothèques amusantes et chrétiennes… Association des biberons congréganistes pour l'allaitement des enfants d'ouvriers… Est-ce que je sais ? » (p.274)

Octave MIRBEAU croque ses personnages dans de savoureuses descriptions. L'écrivain poseur, amateur de belle langue et d'imparfaits du subjonctif, est trahi par la plume au vitriol du journaliste de génie. Un petit florilège de citations recueillies sur une cinquantaine de pages :
-   « Son cerveau s'engourdit, sa langue s'empâte, ses lèvres pendent et luisent comme la margelle usée d'un vieux puits » (p.328)
-   « une petite femme, les cheveux outrageusement teints, les lèvres passées au minium, les joues émaillées, insolente comme une pintade et parfumée comme un bidet » (p.341)
-   « Petite, le buste long, la taille carrée, les hanches plates, les jambes courtes, si courtes qu'on pouvait la prendre pour une cul-de-jatte, elle évoquait réellement l'image de ces vierges barbares, de ces saintes camuses, blocs informes de granit qui se navrent, depuis des siècles, sur les bras gauchis des calvaires armoricains » (p.355)
-   « c'était là un êtres prédestiné au malheur, un de ces êtres qui, quoi qu'ils fassent, où qu'ils aillent, seront éternellement repoussés des hommes, et aussi des bêtes, car il y a une certaine somme de laideur, une certaine forme d'infirmités que les bêtes elles-mêmes ne tolèrent pas » (p.357)
-   « Chez cette vieille dame, la dureté de son âme invisible à ses prunelles, à sa bouche, à son front, à tous les muscles détendus de sa molle figure, éclatait réellement à la nuque. Sa nuque était son vrai visage, et ce visage était terrible ». (p.363)
-   « Sacristain, c'est être encore un peu curé. Il a, du reste, toutes les manières visqueuses et rampantes des cloportes ecclésiastiques » (p.384)

Octave MIRBEAU donne vie à des personnages attachants. L'héroïne Célestine, bien sûr, mais aussi le vieux capitaine à la retraite dont la vaniteuse et stupide originalité consiste à manger tout ce qui lui passe sous la main, ou encore Edgar, le cocher aux allures de grand seigneur…

La critique sociale est bien sûr très présente, mais sans manichéisme. Célestine (référence à la Celestina de Rojas, œuvre majeure de la littérature espagnoles dont l'héroïne est une entremetteuse ?), cette soubrette impudique, n'est certainement pas un parangon de vertus : menteuse, voleuse, lascive, impertinente et méchante parfois, elle aime le vice au point de s'amouracher d'un homme qu'elle soupçonne des pires crimes. Pourtant, si Octave Mirbeau décrit la domesticité sans concession, la critique sociale de son roman porte essentiellement sur la bourgeoisie et l'aristocratie bien pensante et dégénérée, ces élites auto-proclamées qui se perdent voluptueusement dans le stupre tout en affichant la plus stricte moralité. L'auteur mène aussi un combat politique contre le fanatisme de toutes les chapelles : royalisme rance, antisémitisme nauséabond et criminel ridicule de l'Affaire Dreyfus reçoivent les traits empoisonnés d'ironie d'un auteur très en verve.

Le journal d'une femme de chambre est un roman attachant dont la fraîcheur et la liberté de ton étonnent le lecteur. Une excellente lecture.

-  Lire des extraits du Journal d'une femme de chambre, d'Octave MIRBEAU

-  Acheter l'édition poche de ce livre sur Amazon.fr
Gallimard - Folio
509 pages
ISBN : 2070375366

Publié par Mathieu Scrivat
Le jeudi 14 août 2003



> Le journal d'une femme de chambre
8 mai 2010, par zouhayr
je l'ai lu, il y a belle lurette, et je ne cesse de penser a cette sociète qui cache plus qu'il ne fait apparaitre, je médite toujours la france de cet époque, et la france d'aujourd'hui, aucune différence, l'histoire de cette héroine existe mais sous d'autres formes plus obscure et plus tairne, les bonnes existent ; une évidence ; mais le mal existe aussi, c'est normal, ce qui bat en brèche la norme c'est le "bien", je le vois ; mais en train d'agoniser, il eclipse la blancheur. histoire vraie, zouhayr

> Le journal d'une femme de chambre
28 novembre 2007, par MIchel

Bonjour,

J'aimerais savoir avec quel(s) autre(s) roman français pensez-vous que Le journal d'une femme de chambre puisse être jumelé dans le contexte d'une étude comparative. Par exemple, une étude sur les oeuvres qui font une critique sociale, où les oeuvres de fin de siècle (décadentistes) . Si vous avez une(ou plusieurs) idée(s), ne vous gênez surtout pas.

Merci,

Michel

le journal d'une femme de chambe
25 février 2007, par zouhayr
j'aimé beaucoup car ce livre ne rével des secrés, difficilement dévoilé par m.mirbeau, ou il nous parle d'une société mondaine qui vie dans un lux incomparable dans sa forme extérieur mais qui cache un fond trés dégoutant, avec des habitudes pire que les couchons çe n'est pas exagéré mais c'est la réalitée d'aprés octave . j'ai aimé bien ce livre et ce que jaimrai c'est de gagner des amis(e)pour le descuté.voila mon msn pour ce lui intérésser. zoozooel@hotmail.com

> Le journal d'une femme de chambre
15 février 2007
Vous vous trompez cher ami, ce n'est pas Celestine qui a écrit ce livre, c'est Mirbeau lui-même qui l'a écrit, mais pour qu'il soit plus crédible, il dit l'avoir trouver, je ne peux me tromper car nous avons étudié ce livre en classe et notre professeur et un spécialiste de Mirbeau si je peux me permettre de dire

> Le journal d'une femme de chambre
5 janvier 2007
j'ai trouvé ce livre super, mais dans ce commentaire vous dites que mirbeau donne vie a celestine mais c'est faux. C'est celestine qui a ecrit ce livre est mirbeau la corriger et revue son ecrit ! Et il l'a fait publier . bonne continuation

> Le journal d'une femme de chambre
6 septembre 2006, par barbara
c'étai bien super

> Le journal d'une femme de chambre
6 septembre 2006, par barbara
j'ai bien aimé et j'espere lire d'autre histoire dans se stylme la

> Le journal d'une femme de chambre
27 juin 2006, par angibac

tres intérrésant a lire pour comprendre la société de classe sous un aspect différent que celui que l'on rencontre habituellement.On est en effet dans la peau d' une jeune femme au service de la bourgeoisie et non dans celle d'une bourgeoise.

en revanche c'est une histoire tres difficile a résumé.bravo a ceux qui y parvienne et merci a eux de nous faire revivre de bons moments ou de nous donner envie de lire.

> Le journal d'une femme de chambre
6 mai 2006
pa mal du tout cependant les commentaires a faires dessus sont difficiles ! ! ! !

> Le journal d'une femme de chambre
1er novembre 2004
en effet tres bon roman

   
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